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Situé sur la rive droite de la Save, dans un environnement agreste, à l’orée de la forêt de Bouconne, 

                  La Chaussée                                Le Moulin                            Le foirail

Lévignac offre à ses visiteurs touts les agréments d’une cité sereine en Pays gascon.
Des attraits qui séduisent les Romains puisque les analystes fixent la fondation de Lévignacus 50 ans avant Jésus-Christ par Lévignius, mais on ne dispose malheureusement pas d’éléments suffisants pour rapporter un enchaînement fiable de ce domaine initial jusqu’en 1262.
A cette époque, Jourdain de l’Isle, imitant le Comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, accorda à Lévignac une charte de libertés et privilèges justifiant l’implantation durable d’une souche de population. Celle-ci constitua le noyau médiéval de l’antique Lévignacus.
La ville, entourée de remparts, prit dès lors la forme d’un quadrilatère inscrit dans un vaste environnement de bois fort utiles à l’existence des paysans.

La vie longtemps très dure – peu de ressources agricoles uniquement possibles sur les coteaux, la vallée étant fréquemment inondée – se serait cependant poursuivie semblable à celle des autres communes si elle n’avait été marquée à partir du XIVème siècle par trois curieuses particularités apparaissant en filigrane comme corollaires des événements : la Cité se trouva effectivement très concernée d’abord par des turbulences d’un couvent de Clarisses puis au XVIIIème siècle par celles de la famille Du Barry, enfin au XIXème par des foires et des marchés très étonnants.
En 1344, la fille du Seigneur de l’Ille, Dame Tiburge, comtesse d’Astarac fonda le monastère de Saint-Claire destiné à accueillir des religieuses richement dotées et des jeunes filles très fortunées. Il constitua néanmoins et pendant plusieurs siècles, une source de revenus pour la cité. Détruit en 1665 par un incendie, il fut reconstruit aussitôt.
En 1750, l’Archevêque exaspéré le ferma. Les Lévignacais protestèrent en vain.
Les premiers signes de développement se manifestèrent au milieu du XVIIIème siècle, sous le règne de Louis XV : les coteaux se couvrirent de vignes et d’arbres fruitiers, le cheptel bovin augmenta. On relève l’existence de plusieurs grands domaines : Cerès, Promé, Lacassagne.
Mais l’histoire met surtout en évidence la famille Du Barry qui constitua la seconde particularité de Lévignac : Jean-Baptiste Du Barry, propriétaire d’un vaste domaine local fut ce que l’on appelle de nos jours « arriviste ».
Il fit épouser à son frère Guillaume une jolie blonde, Jeanne Bécu, fort appréciée de Louis XV… et fit engager ses sœurs comme accompagnatrices de Madame Du Barry… « Le Roué » sut obtenir du roi bourses et faveurs avec tant d’audace qu’il se fit renvoyer sur ses terres largement nanti et promu Comte de L’Isle Jourdain : des privilèges dont il dut se repentir avant de monter à l’échafaud en janvier 1794.
Lévignac tenta de récupérer ses biens, mais ils lui échappèrent après de longs et coûteux procès.
Il faut encore inscrire au compte du XVIIIème siècle la réouverture du couvent par Mgr Loménie de Brienne archevêque de Toulouse. En 1775, il confia aux « Dames noires », religieuses toulousaines expérimentées, les biens du monastère avec mission de gérer une « Maison d’éducation ». Ce fut le succès pour cet établissement, la joie pour les Lévignacais, mais les difficultés recommencèrent.
Comparativement aux cités voisines et pour marquer leur désapprobation face à ses débordements, les Lévignacais firent preuve d’une idéologie nettement révolutionnaire. Cet état d’esprit fut d’ailleurs entretenu par un curé constitutionnel, l’abbé Dejean qui, usant de multiples récriminations fit fermer la Maison d’éducation, décision que la population, une nouvelle fois regretta vivement.
Consécutivement à cette période très difficile, à la conscription, aux réquisitions, au manque de travail et aux épidémies, la population mit sa confiance dans le régime Bonapartiste.
Au début du XIXème siècle la ville évolua et les Lévignacais témoignèrent d’une formidable capacité de succès : des commerçants et des artisans s’installèrent en nombre et assurèrent, le premier mardi de chaque mois, de gros marchés couvrant tous les besoins régionaux. Les acheteurs vinrent de fort loin.
La légende évoque des foires impressionnantes certifie que l’on se déplaçait quelques fois de plus de cent kilomètres et affirme que les moindres ruelles étaient envahies de bruyants attelages créant un joyeux désordre.
La municipalité fut dès lors contrainte de revoir son urbanisme, d’acquérir des maisons, d’élargir des voies, d’agrandir la halle en 1793 et en 1831 et 1832. A la même époque, le terrain communal au bas du padouenc fut loti. 

Cet « éclatement » se prolongea 50 ans durant. En 1886 on dénombra plus de 345 maisons neuves.
L’apogée de cette période faste se situa cependant entre 1841 et 1851. L’église presque totalement détruite sous la révolution fut restaurée à la fin du siècle et les écoles édifiées en 1881.
La construction des premières lignes de chemin de fer favorisant la concurrence, l’attraction du Pays toulousain, et un peu plus tard le bouleversement industriel engendrant l’exode rural freinèrent considérablement au début du XXème cette merveilleuse aventure économique.
A l’époque contemporaine Lévignac traversa les décennies en éprouvant des difficultés semblables à celle des cités voisines, payant son tribu aux conflits mondiaux avec honneur et discrétion.
Aujourd’hui, le bel ordonnancement de la ville se présentant aux visiteurs au sein d’une admirable nature verdoyante et fleurie, ses jolies maisons anciennes, ses riantes villas neuves, son attrait économique, ses équipements touristiques et de loisirs témoignent d’une véritable permanence du dynamisme local, sérieux engagement pour l’avenir d’une aventure qui n’est pas terminée. Cette belle histoire de Lévignac ne valait-elle pas la peine d’être contée ?

Continuons avec une petite anecdote.....d'époque...!

Comment les lévignacais se déplaçaient-ils dans les années 20?

De la diligence à la micheline en passant par l’automobile, laissez-vous entraîner par l’histoire racontée dans le village de 1916 à 1936…
Si jamais une partie vous manquait, vous pourriez la demander auprès de la mairie soit par téléphone au 05 61 85 42 19 soit par Internet à l’adresse suivante: bibliotheque.levignac@wanadoo.fr

Bonne lecture à tous…

Les moyens de transport


La petite diligence

Jusque vers 1910, c'est Mr Henri FÉLIX ( Le grand-père maternel de Georges SIMEON ) qui était cocher et propriétaire de la diligence qui transportait régulièrement les voyageurs, de LEVIGNAC à TOULOUSE. Il n'effectuait bien sûr, qu'une seule rotation Journalière ; son emploi du temps était très organisé : ainsi un matin il partait de LEV1GNAC, après avoir dormi chez sa mère qui tenait une épicerie, rue de la Save, à l'endroit même, où plus tard s'installera la charcuterie « LOÏDI ». Arrivant à TOULOUSE, il retrouvait sa fille, et son épouse qui exploitait un magasin d'alimentation rue Pargammières, et le lendemain il reprenait la route de LEV1GNAC.
Le coche était tiré par trois grands chevaux noirs ; de belles bêtes, très largement dessinées dans des rondeurs allongées. L'itinéraire empruntait la route de MONTAIGUT, MONDONVILLE, et c'est à CORNEBARRIEU que s'opérait le changement des coursiers, dans une ferme qui était aussi un relais. Ce lieu existe toujours : c'est aujourd'hui un restaurant- Pub ( La Bier Akadémie ) qui se trouve à gauche, avant le pont de « l'Aussonnelle » et l'entrée du village. Après avoir traversé BLAGNAC, l'attelage se dirigeait vers SAINT-CYPRIEN pour terminer son périple place ROGUET , juste en face du restaurant de « La Mère BELLUS ». C'est là que tout le monde, s'empressait de descendre en utilisant les marchepieds qui étaient d'un usage sûr et facile, et aussitôt en bas, soupirait à l'unisson, comme le marin qui retrouve la terre !
II faut dire que le voyage, qui par ailleurs ne manquait pas de pittoresque, était tout de même long et harassant. Pourtant le véhicule était bien suspendu avec huit ressorts à l'essieu ; cependant, il n'arrivait pas à absorber toutes les secousses provenant des nombreuses aspéntés de la route, et cela le faisait cahoter quelque peu.

Monsieur FÉLIX était un homme des plus séneux, toujours ponctuel et précis qui affirmait souvent n'avoir jamais versé durant toute sa carrière de cocher. Consciencieux, il entretenait sa voiture avec beaucoup de minutie et se targuait même, d'avoir les chevaux les plus vigoureux et les plus rapides du canton ! Sa complaisance ravissait toujours ses passagers et les jours où les clients étaient un peu trop nombreux, il avait coutume de les rassurer en s'écriant sur le ton de la plaisanterie : « Plus les voyageurs sont nombreux et serrés, moins ils ont de chance de s'abîmer ! ».

C'était un bon vivant avec le visage illuminé et radieux ; il avait une gaieté communicative qui lui faisait parfois, chemin faisant, pousser la chansonnette. En claquant l'air de son fouet, comme pour battre la mesure ; il avait même un talent extraordinaire pour en tirer des modulations étourdissantes de verve et de brio ! Avec un petit air frondeur il caressait du regard les jolies filles rencontrées sur la route. Son métier lui allait comme un gant et sa joie de vivre éclaboussait
tous ses voyageurs. Toutefois, son bonheur n'était pas fait que de plénitude ; en effet, c'est avec une inquiétude sérieuse, bien que dissimulée, qu'il voyait sans cesse se construire et s'allonger, tous les jours, et à chacun de ses passages, la voie ferrée tout au long de son itinéraire ; et pour se rassurer il déclarait de plus en plus souvent à qui voulait bien l'entendre, que la diligence ne disparaîtrait pas malgré l'avènement du chemin de fer ...
Hélas ! lorsque la ligne fût achevée, la concurrence devint insoutenable . Que pouvait faire alors, la pauvre diligence et ses vaillants chevaux, devant la supériorité du roulement sur rails et de la locomotion à vapeur ?
Aussi, Mr FELIX se vît bientôt contraint d'abandonner, la mort dans l'âme, son activité qu'il avait passionnément aimée . Cela fût le drame de sa vie, et quelques mois après, il disparaissait à l'âge de... 43 ans ...

Le petit "Sud-Ouest"Pour se rendre à Toulouse, il y avait le fameux "Sud-Ouest" : tortillard de la Compagnie des Chemins de Fer du Sud-Ouest. Il reliait Lévignac (tête de ligne) à Toulouse en desservant Montaigut, Saint-Paul, Daux, Mondonville, Cornebarieu, Blagnac. L'arrivée se faisait à la Gare " Roguet" une heure et demie, au moins, après le départ de Lévignac... un vértitable TGV avant l'heure !

Conduit de main de maître par monsieur GLNESTE, « a fun et san poussière ! », selon l'expression qui lui était chère . II. a eu le privilège et la satisfaction, durant sa longue carrière, de transporter, sans encombre ,de nombreux usagers toujours heureux d'aller passer la journée en ville !

Les voyageurs novices, se laissaient parfois prendre au piège de ce « teuf-teuf fumant » qui ne leur pardonnait jamais de laisser passer trop longtemps le nez à la fenêtre et qui les punissait illico, en les transformant en Sénégalais . La voie ferrée longeait la route entre Montaigut et Lévignac ; aussi, par défi, quelques cyclistes courageux tentaient de suivre, voire de dépasser le tortillard ;

mais il fallait tout de même appuyer sérieusement sur les pédales pour ne pas se laisser distancer . En effet, sur cette partie du trajet, particulièrement plane, notre omnibus atteignait sa vitesse de croisière à près de ... trente kilomètres heure, alors que les vélos de l'époque ne possédaient même pas de changement de vitesse ; certains avaient encore un pignon fixe !

Trois wagons de voyageurs et un fourgon composaient la rame du « Sud-Ouest ». Une locomotive à vapeur entraînait le convoi à une moyenne de vingt-cinq kilomètres à l'heure. La motrice faisait, régulièrement, le plein d'eau à la grande citerne noire qui coiffait une tourelle en briquettes rouges, sur la gauche de la petite gare. Tout à côté, se trouvait l'annexe- dans laquelle la locomotive passait la nuit. II y avait aussi, à proximité, les énormes butoirs du terminus qui étaient destinés à stopper le tram en cas de défaillance des freins. La nuit, les voitures étaient éclairées au moyen de lampes à pétrole. La Compagnie du Sud-Ouest ne lésinant pas, il y en avait même deux par wagon ! Parfois, lorsque les marchandises à transporter se faisaient trop nombreuses, des plate-formes ou des fourgons s'ajoutaient à la rame. Pour nous, gamins de huit ou neuf ans, notre grande distraction du dimanche après-midi, c'était d'assister au départ du train de seize heures ! d'aller nous mêler à tous ces gens qui repartaient en ville, d'écouter, mine de rien, leurs histoires et leurs confidences ; nous aimions partager cette ambiance particulière qui régnait à l'embarquement avec les « bon voyage et à la semaine prochaine Nous avions un peu l'impression de partir avec eux, loin, là-bas... à Toulouse


L'automobile :
En 1925, il y avait quatre automobiles au village :

  • Une « Quadnilette Peugeot » chez le Docteur LARRIEU ( Maire de Lévignac )
  • Une « Ford T » chez le Docteur ESPARBÈS qui habitait à l'emplacement actuel du bureau des Postes .
  • Une « Berliet » chez le Vétérinaire ESPARBÈS ,
  • Une « Clément Bayard mono-cylindre » chez monsieur Louis ROUCOLLE qui exploitait le moulin et qui habitait place des Boules au temps béni de la « Lyonnaise » !

A l'exception de ces quatre "motorisés", l'ensemble de la population circulait à pied, à vélo (tout le monde n'en possédait pas un), quelques autres à cheval.

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